vendredi 3 mai 2013

Grand-Quevilly - Lionel Blantron.














Mon père ce héros.


De son père il ne garde que sa chevalière en argent, sa plantation de cheveux et une immense tristesse. "Je donnerai tout pour qu'il soit là, à mes côtés... il me manque tellement!". Lionel Blantron pleure. Soixante-dix ans qu'on lui a enlevé ce père qu'il n'a réellement connu qu'un quart d'heure, dans les geôles glauques du "Donjon", la tour des supplices à Rouen. Denise, sa mère l'y avait emmené en ce mois de décembre 1943 voir un homme en sang, torturé de la plus cruelle des façons par l'inspecteur de police Louis Alie et ses sbires, à la solde de la Gestapo  Bien sûr, Lionel Blantron ne se souvient pas de cet épique séparation. Mais sa mère Denise, elle-même résistante, lui a tellement conté l'histoire, son histoire, qu'il a fini par idolâtrer ce père dont le portrait le fait fondre en larmes. "Mon père faisait partie du réseau Valmy comme franc-tireur partisan français (FTPF). Il convoyait des valises. Travaillant à la SNCF  au dépôt de Quatremares, il participait à des sabotages de trains. Il tuait des gens aussi, des salopards de nazis...". Mais René Blantron, comme nombre de résistants de l'époque fut, un jour trahi, par des Français. "Le 9 décembre 1943, mon père et une résistante du nom de mademoiselle Meunier convoient une valise d'armes de Neufchâtel à Rouen. A leur arrivée à la gare rive droite, la police les attendait. Ils purent néanmoins s'échapper. Mais dans la valise qui fut saisie se trouvait une chaîne de vélo. Louis Alie et ses acolytes font vite le rapprochement en retrouvant dans le local des bagages de la SNCF  un vélo auquel il manque une chaîne. Ce vélo porte une plaque d'identité au nom de Blantron René ainsi que son adresse. Le soir même il est arrêté par la Gestapo à son domicile de Petit-Couronne". Accusé de "menées subversives, terroristes et meurtres", René Blantron est interné au "Donjon" le 13 décembre 1943. Envoyé ensuite à Compiègne, il partira pour Auschwitz  sera transféré à Buchenwald et décédera le 27 décembre 1944 au camp de Flossenburg. Lionel Blantron tient à cet hommage qu'il rend à son père. "Personne n'en a jamais parlé. J'ai fais tout un tas de démarches pour retracer son itinéraire. J'aimerai qu'on se souvienne de lui comme d'un patriote qui a donné sa vie pour son pays. Quand il est mort, il avait 22 ans!". En cette période de commémoration de la victoire contre le fascisme, voilà qui est chose faite.

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