lundi 9 février 2015

Petit-Quevilly - Les dix ans de la Scop "LIESSE".



Dix ans de Liesse.

A l’heure où le terme du «vivre ensemble» n’a jamais été autant évoqué, la Société coopérative et participative «Lien inter échanges entendant/sourd, sourd/entendant» (LIESSE), a célébré les dix ans de son existence au théâtre de La Foudre du Petit-Quevilly. Réunissant interprètes de la Langue des signes française (LSF), acteurs du monde de l’entreprise, de la culture et personnes en situation de surdité ou de mutisme, cette journée de débats, d’échanges et d’animations a permis à une large assistance de faire un tour d’horizon de l’évolution de la prise en charge et de l’étendue des services proposés à destination des sourds et malentendants. Dans ce paysage d’insertion de cette population dite en «situation de handicap», la petite société normande joue un rôle prépondérant. «Au départ, en 2005, LIESSE a été lancée sous un statut associatif. En 2011, nous avons décidé d’évoluer en Scop, statut correspondant plus à notre philosophie d’échanges solidaires et qui permet de mettre tout le monde sur un pied d’égalité, dans un bon esprit d’équipe» souligne Emilie Osouf, l’une des deux co-gérantes. «Désormais, ce sont 7 personnes dont cinq interprètes qui œuvrent pour faciliter le quotidien des personnes sourdes». Cette activité d’interprétariat s’est développée notamment avec la loi du 11 février 2005 sur l’égalité des chances et des droits des personnes handicapées et la création de la Prestation de Compensation du Handicap (PCH) qui a généralisé le principe d’accessibilité. «La problématique de la surdité se rencontre, à notre époque, dans la difficulté à se rendre chez le médecin par exemple» ajoute Emile Osouf, «à faire une course, écouter une conférence ou assister à un rendez-vous. La personne sourde se trouve face à la barrière de la langue, de même que ses interlocuteurs d’ailleurs. C’est un handicap dans les deux sens ! A présent, avec la PCH, les personnes sourdes peuvent directement s’attacher les services d’un interprète. Dans le monde de l’emploi,  les entreprises qui emploient des personnes sourdes nous sollicitent pour des réunions, des formations, des prises de poste. S’agissant de la fonction publique, la demande d’un interprète peut dorénavant être financée sur des fonds Agefiph ou Fiphfp». Et la culture n’est pas en reste avec des conventions signées avec certaines institutions, notamment le Fond régional d’art contemporain (Frac) de Haute-Normandie. On pourra retenir de cette journée de festivités que cette petite société poursuit son travail de liaison entre deux mondes. Celui des sourds et celui des entendant, en s’efforçant de mettre en avant et de sensibiliser un large public au moyen qui leur permet de communiquer : la Langue des signes française, aujourd’hui reconnue comme une langue à part entière.



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