lundi 31 août 2015

PETIT-COURONNE. Deux ans après la liquidation de la raffinerie Pétroplus, les anciens salariés tiennent toujours leur assemblée générale tous les jeudis.



Pourquoi ils continuent …


Alors que bon nombre de Français ont la tête aux vacances, Jean-Luc, Yvon et leurs camarades se sont donné rendez-vous devant les portes du site Pétroplus, dont l'entré ne leur est désormais plus assurée. Car, comme tous les jeudis  ou presque depuis la liquidation ordonnée par le tribunal il y a deux ans, ces irréductibles tiennent leur assemblée générale. "C'est sûr que l'on est moins nombreux qu'à l'époque où l'issue n'était pas encore actée" concède Jean-Luc Brouté, représentant syndical CGT, sur le pont depuis le début, "mais nous nous devons de continuer pour, comme nous l'avions indiqué alors, aller jusqu'au bout de ce qui est possible pour sauver notre outil de travail". Inlassablement, l'ancien salarié donne des nouvelles des avancées du dossier qui se trouve en justice après le pourvoi en cassation engagé par le syndicat suite au jugement du 24 avril 2013. "Nos avocats viennent seulement de recevoir le mémoire de la partie adverse… Si jamais nous gagnions, il faudra encore passer par un nouveau jugement!". Si, pour les habitués du site, "sa décrépitude s'intensifie de jour en jour", il n'est pas question pour autant de baisser les bras. Chiffres à l'appui, Yvon Scornet, emblématique figure de ce combat, fustige les décisions prises jusqu'alors. "Je le répète à l'envie depuis des mois, mais nous faisons face à un sabotage orchestré par des industriel de la profession et organisé de longue date avec l'aval de certains politiques qui ont cédé le site à une entreprise de démolition, ni plus, ni moins. Des repreneurs sont prêts à injecter des sommes conséquentes pour redémarrer mais aucune confiance ne leur est accordée et tous les prétextes sont bons pour leur mettre des bâtons dans les roues!". Jean-Luc Brouté dénonce pour sa part "les mensonges ou omissions quant aux chiffres proposés par les pouvoirs publics". "Ils se plaisent à raconter que presque tous les ex Pétroplus ont retrouvé une solution d'emploi… Le fait est que, sur 338 personnes, 139 ont effectivement un CDI mais le reste se trouve soit sans emploi, en formation ou en CDD! C'est vrai que, pendant ce temps-là ils ne rentrent pas dans les statistiques du chômage! En ce qui concerne le manque à gagner, la raffinerie rapportait quelques 900 000 Euros à la CREA, 700 000 à la commune de Petit-Couronne, sans compter l'argent qui était versé aux communes (30 000 Euros) où résident des employés Pétroplus! A cause de ces désinformations, il est évident que l'homme de la rue ne peut pas se sentir concerné plus que ça mais c'est quand même lui, in fine qui compensera avec ses impôts!". Le syndicat de la raffinerie continue d'accompagner sa centaine d'adhérents. "Dossiers de retraites, mutuelle, reclassement… Il y a toujours du boulot" reconnait Jean-Luc. "Nous le faisons pour nous mais également pour nos enfants et petits-enfants…".

Aucun commentaire:

GRAND-QUEVILLY. Des vagues de couleurs et de senteurs réunies dans le merveilleux Parc de La Roseraie.

Au nom de la rose. Sur une surface de six hectares, à deux pas de l'Hôtel de Ville, il est un écrin de verdure qui fait l'...