mercredi 11 novembre 2015

ROUEN. A l'occasion du salon du vin et des produits du terroir, Ludovic Aventin est venu parler de Terra Hominis, plateforme de financement participatif dédié au vin.



Payez et buvez en tous !


Crowdfunding, financement participatif, actionnariat … Ces termes qui fleurent bon l'argent facile n'ont jamais été autant d'actualité. Ils s'appliquent presque à tous les projets de quiconque veut s'acheter une machine à tatouer, payer un voyage à ses grands-parents ou encore financer l'augmentation de la taille des seins de sa petite amie… Plus sérieusement, ce modèle économique permet surtout de contourner les rendez-vous avec le banquier toujours peu prompt, en France, à consacrer quelques billets pour des activités hors des sentiers battus. Témoin de ce constat lorsqu'il entreprit d'acheter un vignoble en 2004, Ludovic Aventin, créateur notamment des caves Pierre Noble à Rouen, s'est affranchi des institutions financières traditionnelles et a créé Terra Hominis (littéralement l'Homme et la Terre), une plateforme de financement participatif dédié à l'achat de vignobles. //Un placement épicurien plutôt que financier//. Et le moins que l'on puisse dire est que la recette a fonctionné. "Quand j’ai monté Terra Hominis en 2011, l’une des idées maîtresses était de donner du sens à un placement, de transformer un investissement en plaisir", raconte-t-il, "Aujourd’hui, nous comptons 500 associés, davantage passionnés par l’élaboration du  vin que par les questions de rentabilité". Pour l'acquisition de son premier vignoble, Ludovic va mobiliser son réseau, notamment des rugbymen pros et des amateurs. Près d’une centaine d’associés se lanceront avec lui dans ce projet inédit et donneront naissance au Mas Angel situé sur la plus haute partie de l’AOC Faugères, au Nord de Béziers (Hérault), à 400 mètres d’altitude,  dont l'exploitation sera confiée à Alexandre Durand, un jeune vigneron qui parle du raisin et du vin qu'il en tire comme une ode à la terre et aux traditions séculières. Car cette démarche est consciente de la réalité économique. "Il faut entre 150000 et 400000 Euros pour acheter un vignoble" commente Ludovic, "les vignerons actuels vieillissent… et les jeunes n'ont que rarement les moyens financiers tandis que les banques ne suivent pas. Terras Hominis est là pour cela. Quant au choix des terrains, nous travaillons avec la Safer (Société d’aménagement foncier et d’établissement rural) qui nous épaule bien". D'autres projets ont suivis, drainant dans leur sillage un nombre croissant d'amateurs prêts à débourser de 1300 à 2500 Euros la part. " En contrepartie, chaque contributeur possède un titre de propriété par acte notarié, perçoit 4,5% de dividendes versés chaque année sous forme de bouteilles et se voit régulièrement invité par le domaine dans lequel il a investi". Ces citadins, amateurs ou passionnés de vin, rêvant de posséder leurs vignes, de produire leur vin et de participer aux vendanges, trouvent leur récompense quand, à l'heure d'ouvrir une bouteille pour le partager en famille ou entre amis, ils peuvent fièrement déclamer : "Prenez et buvez-en tous… Ceci est le vin de ma vigne !".

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