lundi 1 février 2016

LE PETIT-QUEVILLY. A 57 ans et après en avoir passé 35 au service de son entreprise, Véronique ne fait pas son deuil de la fermeture du Transformateur.



Lettre à mon usine.

"Je ne dors plus ou presque. Mes nuits sont parsemées de rêves. Toujours sur le même thème : j'y vois des gens qui travaillent dans les ateliers. Ce sont mes collègues. J'évolue en lévitation parmi eux, dans le brouhaha de l'activité qui y régnait encore, il y a quelques mois …". Mais depuis, le PSE (Plan de sauvegarde pour l'emploi…) est passé par là pour les 91 survivants de l'entreprise Transformateur SAS (TPQ). Mutation sur le site du Vaudreuil, en Pologne ou … Pôle Emploi. Trois alternatives parmi lesquelles Véronique Quibel a dû choisir. Pour autant, elle ne se résout pas à tirer un trait sur ces jours heureux passés à "bobiner", croyant que son métier était le plus beau du monde. Véronique Quibel ne se sent pas bien. Elle que l'on avait vue pleine d'espoir et de verve sur les "barricades" de pneus brûlés au plus fort du conflit, navigue à présent entre colère, dégoût et nostalgie. "TPQ, qu'es-tu devenu? Toi la vieille dame de 95 ans qui a nourri nos familles, de générations en générations! Dans le passé tu as eu ton heure de gloire. Mais d'années en années tu t'affaiblissais. Et le mal t'a rattrapée comme le Cancer qui attend son heure pour se propager jusqu'à la phase terminale. Ce mal que l'on nomme "technologie, bénéfice et délocalisation". Tu t'es éteinte sans trop de bruit mais dans la dignité. Comment ne pas se souvenir de toi qui t'es battu jusqu'à la fin ? De tout cela, il ne reste que des locaux vides où règne le silence. Repose en paix tu l'as bien mérité. Car c'est à toi que l'on doit ce symbole… "Transformateur"". Cette lettre, vestige d'une vie professionnelle, Valérie Quibel a voulu la montrer comme pour exorciser ce qu'il est communément appelé "accident de la vie". Les fêtes de Noël et du Nouvel An ont eu un goût amer pour cette travailleuse du fil de cuivre. "Je n'ai pas décoré ma maison, le cœur n'y était pas. Avant de passer à autre chose j'ai besoin de faire mon deuil. L'épreuve est dure et je sais que des milliers de personnes qui sont passées par là se reconnaîtront dans cette situation. Bien sûr la vie continue et le temps atténuera les choses. Ce n'est pas une raison pour ne pas en parler".

Sur le grillage devant l'usine, débarrassé des vestiges de la lutte, un seul témoignage reste accroché : la médaille du travail de Valérie Quibel pour 35 ans de bons et loyaux services, qu'elle a reçue… mardi dernier !

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