mercredi 23 mars 2016

LE PETIT-QUEVILLY. Parce qu'elle avait de mauvaises notes au collège, Paola est envoyée en lycée des métiers. Elle y a trouvé sa voie !



Paola et l'univers du beau.


"Si tu n'es pas bonne à l'école tu finiras en lycée technique…". Quel gamin n'a jamais entendu ce style de menace, reléguant d'un coup d'un seul, les études effectuées dans ces établissements comme un pensum destiné aux mauvais élèves ? Paola Garcia, bientôt 18 ans est passée par là, elle qui, à l'aube de la classe de 3e, semblait avoir la tête dans les nuages, ne vivant que dans son petit univers peuplé de rêves, de livres, d'histoires, bref, d'un monde merveilleux ! "Pas de bol, ça m'a énormément plu !" sourit-elle. Intégrant la classe de fonderie du lycée des métiers Jean-Baptiste Colbert à Petit-Quevilly, elle en est devenue l'une des figures que l'on cite en exemple. "Ce côté artistique qui sommeillait en moi, je l'ai redécouvert. J'en ai exploré de nouvelles perspectives. Bien sûr, la fonderie, ce n'est pas que réaliser des œuvres d'art. Mais il y a le rapport au matériau qui est si particulier. On ne se l'imagine pas mais le processus de fonderie est présent dans presque tous les objets que nous utilisons au quotidien. Chaque pièce est spécifique et a son utilité. De la fourchette aux gonds des portes en passant par le socle de notre écran d'ordinateur où l'on utilisera alors du plastique". Cyril Poessel, son professeur ne dira pas autre chose précisant même "qu'être fondeur au XXI e siècle, cela n’a plus rien à voir avec avant. De la conception du moule à la fabrication des pièces, c’est l’univers de la 3D, un monde où l’on crée quelque chose avec des alliages d’aluminium, de cuivre, de zinc, de fonte d’acier ou de plastique … Tout est possible en fonderie ! De plus, il faut dire et redire qu'au-delà de la mauvaise image dont ce secteur pâti, il mène directement vers des emplois à durables. Aujourd'hui, ce sont les patrons qui se battent pour trouver de jeunes diplômés, pas l'inverse!". Alors Paola s'applique, passera un examen intermédiaire cette année et le bac l'an prochain. Pour autant, elle n'en fera pas son métier ! "Oui je sais, cela est paradoxal. J'ai bien aimé participer au coulage des cloches de l'église de Sées (61) lorsque j'étais en stage à Villedieu-les-Poêles (50) haut-lieu de la fonderie d'art. J'apprécie grandement toutes les étapes de fabrication des objets, leur naissance. Mais, justement, je pense que cela m'a guidée, m'a ouvert certains horizons. Je suis profondément préoccupée par le monde d'aujourd'hui. J'y pense beaucoup mais je n'en parle que très peu. Il me semble que je doive me consacrer à la réflexion et au passage du savoir. Celui des Lettres, de l'Histoire. Je crois que c'est dans ces domaines que je serais utile et que je m'épanouirais comme une jeune femme de mon âge". Après son bac, Paola envisage d'intégrer l'université afin d'y obtenir une licence. En attendant, lorsqu'elle quitte son "bleu de chauffe", il n'est pas rare de la retrouver en train de réaliser des esquisses, écrire des poèmes ou encore tenir son blog : legende-de-broceliande.skyrock.com/

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