lundi 20 juin 2016

ROUEN. Une course de bateaux, pour quoi faire ?



S'il est un évènement rouennais qui fait débat depuis de nombreuses années c'est bien celui de la course internationale motonautique des 24 heures. "Emblématique" pour les uns, "d'une autre temps" pour les autres, chacun y va de ses arguments. Quoi qu'il en soit, ce rendez-vous qui perdure depuis 1964 ne laisse personne indifférent. Les équipes engagées tout d'abord qui y voient "la plus belle course d'endurance motonautique au monde", étape importante comptant pour le championnat du monde. Bruno Fouquet, créateur  de la VSI Racing Team (Vallée de Seine Inshore) a fait de cette passion pour la vitesse sur l'eau, l'aventure de sa vie. "J'ai toujours évolué dans le monde du motonautisme" se souvient-il, "mon père, Guy, était un fervent spectateur de ce sport. Je l'accompagnais tout le temps. Et puis il s'est mis à construire des bateaux, les fameuses coques en V. Il fut également l'un des premiers à confectionner un catamaran. Cette course, la plus longue au monde est faite d'action, de suspens, de joies et, parfois de désillusions. Nous engageons souvent plusieurs bateaux, pilotés par nos membres ou en confiant le volant à des pilotes extérieurs. Entre préparation des embarcations, réglage des moteurs, trois ou quatre courses et recherches de sponsors, l'année est bien remplie. Néanmoins, la préparation des 24 heures reste la locomotive de la saison". Même son de cloches chez deux pilotes aux patronymes évocateurs : Amaury Jousseaume et Franck Revert. "Le motonautisme, c'est tout pour nous. Cela nous coûte sûrement plus que cela nous rapporte. Mais c'est un virus, une philosophie de vie…". Mais le sujet ne lasse pas de diviser. N'a-t-on pas vu, dernièrement, le groupe écologiste de l'équipe municipale, déclarer que "la capitale de la Normandie méritait, au XXIe siècle, une autre fête nautique qu'une course autour de l'ile Lacroix avec des engins propulsés par des moteurs!". Dans le public présent sur les quais, peu de détracteurs! Normal, les antis n'ont pas fait le déplacement. La majorité des spectateurs interrogés reconnaît "le côté emblématique de l'évènement et un sentiment d'attachement à la manifestation". "Fêtes jeanne d'Arc, foire St-Romain, défilé de carnaval… Tout fout le camp" s'insurge George qui brave le vent frisquet, assis sur son siège de camping au pied du pont Boieldieu. "Les 24h, c'est le symbole de la Seine à Rouen. Il faut les préserver". Dans le périmètre de la course, certains y voient également une opportunité d'activité. "Ça peut faire marcher les commerces alentours" détaille Mauricette, la femme de Gorges. Un bistrot ouvert ces jours-là fera recette. D'autres métiers peuvent être concernés. J'ai vu qu'il y avait des vélos à louer sur le parc à bateau. C'est une bonne idée …". Bien vu Mauricette! Cela s'applique également dans le domaine médical. Frédéric Cosson, kinésithérapeute, enseignant à l'école du CHU de Rouen n'a-t-il pas amené avec lui 32 élèves et 3 profs afin de soulager les douleurs, contractures et autres bobos des pilotes tout au long du week-end ? "C'est un partenariat avec l'organisateur que nous appliquons depuis 3 ans. Cela permet à nos étudiants de mettre en pratique les théories enseignées dans un dynamisme local de soins élargis…". Pendant que certains discoururent du bien-fondé d'une telle manifestation, les bolides et leurs pilotes rivalisent de dextérité pour contourner l'ile Lacroix le plus rapidement possible. Une minute vingt-cinq ou moins feront le bonheur des concurrents, le but du jeu étant de garder cette précision métronomique le plus longtemps possible pour prétendre monter sur le podium …

Aucun commentaire:

ROUEN. Le nouveau général de la sous-direction du recrutement de l'Armée de Terre en visite au CIRFA de Rouen.

Recrutement 2.0. Le Centre d’information et de recrutement des forces armées (CIRFA) regroupant la Marine nationale, l'armée...